Et si, cette rentrée, on arrêtait avec les bonnes résolutions ?

Ça y est.

Les vacances se terminent, septembre arrive et, avec lui, ce petit rituel que nous connaissons tous : les bonnes résolutions de rentrée.

Parce qu’il n’y a pas que le 1er janvier pour ça.

Septembre fonctionne assez bien aussi.

On rentre de vacances, on a un peu dormi, parfois beaucoup mangé, probablement un peu trop bu, on regarde l’année qui redémarre et on se dit que, cette fois, ça va changer.

Je vais reprendre le sport.

Je vais perdre ces quelques kilos.

Je vais arrêter de courir après le temps.

Je vais moins travailler.

Je vais davantage profiter.

Je vais apprendre à dire non.

Et, tant qu’on y est, je vais méditer tous les matins.

Évidemment.

Le problème, c’est que nous connaissons aussi la suite.

Quelques semaines passent. Le quotidien reprend ses droits. Un rendez-vous déborde, une journée a été épuisante, il pleut, on rentre tard… et la séance de sport saute.

Puis une deuxième.

La méditation matinale, elle, a généralement disparu quelque part entre le réveil qui sonne et le premier café.

Et c’est là que quelque chose me gêne dans cette histoire de bonnes résolutions.

Parce qu’au lieu de simplement constater que nous avions peut-être placé la barre un peu haut, nous avons une fâcheuse tendance à retourner l’échec contre nous-mêmes.

« Je manque de volonté. »

« Je ne suis vraiment pas capable de tenir dans la durée. »

« De toute façon, je commence toujours quelque chose et j’abandonne. »

Vous voyez le glissement ?

Au départ, il était simplement question d’aller courir.

Quelques semaines plus tard, nous sommes en train de porter un jugement sur nous-mêmes.

Le lundi, le 1er janvier et le mois de septembre

Nous aimons les nouveaux départs.

« Je commence lundi. »

Pourquoi lundi ?

Mystère.

Mais lundi semble posséder des vertus que le jeudi n’a manifestement pas.

Le 1er janvier fonctionne encore mieux. Et septembre aussi.

Il existe d’ailleurs un phénomène psychologique bien documenté derrière cela : le fresh start effect. Certains repères temporels nous donnent le sentiment de pouvoir tracer une ligne entre ce qui était avant et ce qui commence maintenant.

Et je trouve ça plutôt sympathique.

Après tout, si cela nous donne l’élan nécessaire pour faire bouger quelque chose qui ne nous convient plus, pourquoi s’en priver ?

Là où ça se complique, c’est que nous prenons souvent nos résolutions dans un état qui ne sera pas celui dans lequel nous devrons les tenir.

En vacances, reposé, avec un peu plus de temps devant soi, décider qu’on fera désormais une heure de sport trois fois par semaine paraît parfaitement raisonnable.

Un mardi soir de novembre, après dix heures de travail, trois contrariétés et une journée interminable, le contrat paraît soudain moins séduisant.

Ce n’est pourtant pas notre volonté qui a mystérieusement disparu.

C’est le contexte qui a changé.

Et nous avions simplement oublié d’en tenir compte.

Nous sommes très forts pour fabriquer nos propres injonctions

C’est quelque chose que j’observe souvent dans mon cabinet.

Nous arrivons avec des « il faut ».

Il faut que je fasse du sport.

Il faut que je ralentisse.

Il faut que j’apprenne à dire non.

Il faut que je prenne du temps pour moi.

Il faut que je sois moins stressé.

Et parfois, je pose simplement la question :

Pourquoi ?

Pas pour provoquer.

Enfin… peut-être un peu.

Mais surtout parce que derrière un « il faut » se cache souvent quelque chose de beaucoup plus intéressant.

Est-ce que j’ai envie de faire cela ?

Ou est-ce que je pense que je devrais avoir envie de le faire ?

La différence est énorme.

Car très vite :

« J’aimerais reprendre le sport »

peut devenir :

« À mon âge, je devrais quand même être capable de faire du sport régulièrement. »

Et nous ne parlons déjà plus de sport.

Nous parlons de l’image que nous avons de nous-mêmes.

De celle que nous voudrions avoir.

Et parfois de celle que nous imaginons que les autres attendent de nous.

Pas étonnant que tout cela devienne un peu lourd.

Cinq séances de sport : réussite ou échec ?

Prenons un exemple très simple.

Quelqu’un qui ne fait jamais de sport décide qu’à la rentrée il ira courir trois fois par semaine.

Première semaine : trois fois.

Deuxième semaine : deux fois.

Troisième semaine : rien.

Verdict ?

« J’ai encore laissé tomber. »

Attendez.

Cette personne vient de courir cinq fois en trois semaines alors qu’elle ne courait jamais auparavant.

Moi, j’y vois plutôt un début intéressant.

Mais elle, non.

Parce qu’elle ne compare pas ce qu’elle fait aujourd’hui avec ce qu’elle faisait hier.

Elle le compare avec ce qu’elle avait décidé qu’elle devrait faire.

Et c’est là que le piège se referme.

Nous ne voyons plus le chemin parcouru.

Nous voyons ce qui manque.

Puis vient la frustration. Parfois la culpabilité. Et, finalement, l’abandon.

Tout ça pour conclure :

« Je n’ai aucune volonté. »

Alors que, franchement, le problème était peut-être simplement que le contrat de départ était mauvais.

Et si notre comportement avait une bonne raison d’exister ?

C’est probablement ce qui m’intéresse le plus dans mon travail.

Lorsque quelqu’un me dit :

« Je voudrais apprendre à dire non »,

je pourrais évidemment lui apprendre quelques techniques d’affirmation de soi.

Mais avant cela, j’ai envie de comprendre pourquoi il dit toujours oui.

Parce qu’il a peur de décevoir ?

Parce qu’il redoute le conflit ?

Parce qu’il a besoin d’être apprécié ?

Parce qu’il associe le fait de rendre service au fait d’être quelqu’un de bien ?

Parce que dire non lui donne immédiatement le sentiment d’être égoïste ?

Tout à coup, le problème n’est plus tout à fait le même.

Et c’est valable pour beaucoup de choses.

La procrastination.

Le stress.

Le perfectionnisme.

Notre incapacité à poser des limites.

Notre rapport au travail.

Nous essayons souvent de supprimer un comportement sans nous demander à quoi il sert.

Or même un comportement qui nous agace profondément peut avoir sa logique.

Et tant que cette logique reste en place, nous pouvons prendre toutes les bonnes résolutions du monde : quelque chose risque fort de nous ramener au point de départ.

Alors, on fait quoi ?

Je pourrais évidemment terminer cet article par :

« Mes 5 conseils pour enfin tenir vos bonnes résolutions. »

Ce serait parfait pour Internet.

Mais ce serait un peu contradictoire.

Et surtout, je n’y crois pas beaucoup.

Je préfère une idée beaucoup plus simple.

Remplacer l’objectif par une direction.

Au lieu de :

« À partir de septembre, je fais trois heures de sport par semaine »,

peut-être simplement :

« J’aimerais remettre un peu plus de mouvement dans ma vie. Comment pourrais-je commencer ? »

Au lieu de :

« Il faut absolument que j’apprenne à dire non »,

essayons :

« Qu’est-ce qui m’empêche de dire non lorsque j’en ai envie ? »

Et plutôt que :

« Cette année, je vais enfin prendre du temps pour moi »,

demandons-nous :

« Qu’est-ce que je pourrais réellement changer, même modestement, pour me donner un peu plus de place ? »

C’est moins spectaculaire.

Ça fait moins « nouvelle vie ».

Mais c’est probablement beaucoup plus intéressant.

Parce qu’à partir de là, on peut essayer.

Observer.

Se tromper.

Réajuster.

Recommencer autrement.

Et surtout, arrêter de considérer chaque écart comme une preuve de notre incapacité à changer.

Peut-être que le changement ressemble davantage à ça

Avec les années et les personnes que j’accompagne, je me méfie de plus en plus des transformations spectaculaires.

Je crois davantage aux petits déplacements.

Dire non une fois là où l’on aurait automatiquement dit oui.

Sortir marcher vingt minutes plutôt que renoncer parce qu’on n’a pas le temps de faire une heure de sport.

S’apercevoir que la tension monte avant qu’elle ne devienne envahissante.

S’autoriser à ne pas faire parfaitement.

Et parfois simplement comprendre pourquoi nous reproduisons depuis des années quelque chose que nous prétendons vouloir changer.

Ce n’est pas très spectaculaire.

Mais c’est souvent là que les choses commencent réellement à bouger.

Alors cette année, à la rentrée, je ne vais pas vous souhaiter de tenir vos bonnes résolutions.

Je vais même vous proposer exactement l’inverse.

N’en prenez peut-être pas.

Choisissez plutôt une chose que vous aimeriez voir évoluer.

Une seule.

« Dans quelle direction ai-je envie d’aller ? »

Puis :

« Quel serait le plus petit changement que je pourrais réellement faire vivre dans mon quotidien ? »

Pas pendant trois jours.

Pas parce que « je dois ».

Mais suffisamment longtemps pour voir ce qu’il produit.

Et si, finalement, une bonne rentrée ne consistait pas à devenir une nouvelle version de soi-même…

mais à commencer par mieux comprendre celle qui est déjà là ?

Ça y est.

Les vacances se terminent, septembre arrive et, avec lui, ce petit rituel que nous connaissons tous : les bonnes résolutions de rentrée.

Parce qu’il n’y a pas que le 1er janvier pour ça.

Septembre fonctionne assez bien aussi.

On rentre de vacances, on a un peu dormi, parfois beaucoup mangé, probablement un peu trop bu, on regarde l’année qui redémarre et on se dit que, cette fois, ça va changer.

Je vais reprendre le sport.

Je vais perdre ces quelques kilos.

Je vais arrêter de courir après le temps.

Je vais moins travailler.

Je vais davantage profiter.

Je vais apprendre à dire non.

Et, tant qu’on y est, je vais méditer tous les matins.

Évidemment.

Le problème, c’est que nous connaissons aussi la suite.

Quelques semaines passent. Le quotidien reprend ses droits. Un rendez-vous déborde, une journée a été épuisante, il pleut, on rentre tard… et la séance de sport saute.

Puis une deuxième.

La méditation matinale, elle, a généralement disparu quelque part entre le réveil qui sonne et le premier café.

Et c’est là que quelque chose me gêne dans cette histoire de bonnes résolutions.

Parce qu’au lieu de simplement constater que nous avions peut-être placé la barre un peu haut, nous avons une fâcheuse tendance à retourner l’échec contre nous-mêmes.

« Je manque de volonté. »

« Je ne suis vraiment pas capable de tenir dans la durée. »

« De toute façon, je commence toujours quelque chose et j’abandonne. »

Vous voyez le glissement ?

Au départ, il était simplement question d’aller courir.

Quelques semaines plus tard, nous sommes en train de porter un jugement sur nous-mêmes.

Le lundi, le 1er janvier et le mois de septembre

Nous aimons les nouveaux départs.

« Je commence lundi. »

Pourquoi lundi ?

Mystère.

Mais lundi semble posséder des vertus que le jeudi n’a manifestement pas.

Le 1er janvier fonctionne encore mieux. Et septembre aussi.

Il existe d’ailleurs un phénomène psychologique bien documenté derrière cela : le fresh start effect. Certains repères temporels nous donnent le sentiment de pouvoir tracer une ligne entre ce qui était avant et ce qui commence maintenant.

Et je trouve ça plutôt sympathique.

Après tout, si cela nous donne l’élan nécessaire pour faire bouger quelque chose qui ne nous convient plus, pourquoi s’en priver ?

Là où ça se complique, c’est que nous prenons souvent nos résolutions dans un état qui ne sera pas celui dans lequel nous devrons les tenir.

En vacances, reposé, avec un peu plus de temps devant soi, décider qu’on fera désormais une heure de sport trois fois par semaine paraît parfaitement raisonnable.

Un mardi soir de novembre, après dix heures de travail, trois contrariétés et une journée interminable, le contrat paraît soudain moins séduisant.

Ce n’est pourtant pas notre volonté qui a mystérieusement disparu.

C’est le contexte qui a changé.

Et nous avions simplement oublié d’en tenir compte.

Nous sommes très forts pour fabriquer nos propres injonctions

C’est quelque chose que j’observe souvent dans mon cabinet.

Nous arrivons avec des « il faut ».

Il faut que je fasse du sport.

Il faut que je ralentisse.

Il faut que j’apprenne à dire non.

Il faut que je prenne du temps pour moi.

Il faut que je sois moins stressé.

Et parfois, je pose simplement la question :

Pourquoi ?

Pas pour provoquer.

Enfin… peut-être un peu.

Mais surtout parce que derrière un « il faut » se cache souvent quelque chose de beaucoup plus intéressant.

Est-ce que j’ai envie de faire cela ?

Ou est-ce que je pense que je devrais avoir envie de le faire ?

La différence est énorme.

Car très vite :

« J’aimerais reprendre le sport »

peut devenir :

« À mon âge, je devrais quand même être capable de faire du sport régulièrement. »

Et nous ne parlons déjà plus de sport.

Nous parlons de l’image que nous avons de nous-mêmes.

De celle que nous voudrions avoir.

Et parfois de celle que nous imaginons que les autres attendent de nous.

Pas étonnant que tout cela devienne un peu lourd.

Cinq séances de sport : réussite ou échec ?

Prenons un exemple très simple.

Quelqu’un qui ne fait jamais de sport décide qu’à la rentrée il ira courir trois fois par semaine.

Première semaine : trois fois.

Deuxième semaine : deux fois.

Troisième semaine : rien.

Verdict ?

« J’ai encore laissé tomber. »

Attendez.

Cette personne vient de courir cinq fois en trois semaines alors qu’elle ne courait jamais auparavant.

Moi, j’y vois plutôt un début intéressant.

Mais elle, non.

Parce qu’elle ne compare pas ce qu’elle fait aujourd’hui avec ce qu’elle faisait hier.

Elle le compare avec ce qu’elle avait décidé qu’elle devrait faire.

Et c’est là que le piège se referme.

Nous ne voyons plus le chemin parcouru.

Nous voyons ce qui manque.

Puis vient la frustration. Parfois la culpabilité. Et, finalement, l’abandon.

Tout ça pour conclure :

« Je n’ai aucune volonté. »

Alors que, franchement, le problème était peut-être simplement que le contrat de départ était mauvais.

Et si notre comportement avait une bonne raison d’exister ?

C’est probablement ce qui m’intéresse le plus dans mon travail.

Lorsque quelqu’un me dit :

« Je voudrais apprendre à dire non »,

je pourrais évidemment lui apprendre quelques techniques d’affirmation de soi.

Mais avant cela, j’ai envie de comprendre pourquoi il dit toujours oui.

Parce qu’il a peur de décevoir ?

Parce qu’il redoute le conflit ?

Parce qu’il a besoin d’être apprécié ?

Parce qu’il associe le fait de rendre service au fait d’être quelqu’un de bien ?

Parce que dire non lui donne immédiatement le sentiment d’être égoïste ?

Tout à coup, le problème n’est plus tout à fait le même.

Et c’est valable pour beaucoup de choses.

La procrastination.

Le stress.

Le perfectionnisme.

Notre incapacité à poser des limites.

Notre rapport au travail.

Nous essayons souvent de supprimer un comportement sans nous demander à quoi il sert.

Or même un comportement qui nous agace profondément peut avoir sa logique.

Et tant que cette logique reste en place, nous pouvons prendre toutes les bonnes résolutions du monde : quelque chose risque fort de nous ramener au point de départ.

Alors, on fait quoi ?

Je pourrais évidemment terminer cet article par :

« Mes 5 conseils pour enfin tenir vos bonnes résolutions. »

Ce serait parfait pour Internet.

Mais ce serait un peu contradictoire.

Et surtout, je n’y crois pas beaucoup.

Je préfère une idée beaucoup plus simple.

Remplacer l’objectif par une direction.

Au lieu de :

« À partir de septembre, je fais trois heures de sport par semaine »,

peut-être simplement :

« J’aimerais remettre un peu plus de mouvement dans ma vie. Comment pourrais-je commencer ? »

Au lieu de :

« Il faut absolument que j’apprenne à dire non »,

essayons :

« Qu’est-ce qui m’empêche de dire non lorsque j’en ai envie ? »

Et plutôt que :

« Cette année, je vais enfin prendre du temps pour moi »,

demandons-nous :

« Qu’est-ce que je pourrais réellement changer, même modestement, pour me donner un peu plus de place ? »

C’est moins spectaculaire.

Ça fait moins « nouvelle vie ».

Mais c’est probablement beaucoup plus intéressant.

Parce qu’à partir de là, on peut essayer.

Observer.

Se tromper.

Réajuster.

Recommencer autrement.

Et surtout, arrêter de considérer chaque écart comme une preuve de notre incapacité à changer.

Peut-être que le changement ressemble davantage à ça

Avec les années et les personnes que j’accompagne, je me méfie de plus en plus des transformations spectaculaires.

Je crois davantage aux petits déplacements.

Dire non une fois là où l’on aurait automatiquement dit oui.

Sortir marcher vingt minutes plutôt que renoncer parce qu’on n’a pas le temps de faire une heure de sport.

S’apercevoir que la tension monte avant qu’elle ne devienne envahissante.

S’autoriser à ne pas faire parfaitement.

Et parfois simplement comprendre pourquoi nous reproduisons depuis des années quelque chose que nous prétendons vouloir changer.

Ce n’est pas très spectaculaire.

Mais c’est souvent là que les choses commencent réellement à bouger.

Alors cette année, à la rentrée, je ne vais pas vous souhaiter de tenir vos bonnes résolutions.

Je vais même vous proposer exactement l’inverse.

N’en prenez peut-être pas.

Choisissez plutôt une chose que vous aimeriez voir évoluer.

Une seule.

« Dans quelle direction ai-je envie d’aller ? »

Puis :

« Quel serait le plus petit changement que je pourrais réellement faire vivre dans mon quotidien ? »

Pas pendant trois jours.

Pas parce que « je dois ».

Mais suffisamment longtemps pour voir ce qu’il produit.

Et si, finalement, une bonne rentrée ne consistait pas à devenir une nouvelle version de soi-même…

mais à commencer par mieux comprendre celle qui est déjà là ?

Lire les commentaires (0)

Soyez le premier à réagir

Ne sera pas publié

Envoyé !

Derniers articles

Et si vous n’étiez pas vraiment stressé ? La vision d’un sophrologue

21 Juil 2026

Il y a de fortes chances que vous ayez déjà prononcé cette phrase : « Je suis stressé. »
C’est d’ailleurs l’une des premières que j’entends lorsque quelqu’un...

Catégories